L’art d’Hergé : une critique de Pierre Sterckx sur l’histoire de Tintin

tintin le lotus bleu

Mort en mai, le belge Pierre Sterckx a fait une critique sur l’univers de Tintin et d’Hergé dans un ouvrage intitulé « L’art d’Hergé ». Cet ami proche d’Hergé et spécialiste de son œuvre a collaboré avec Gallimard et les éditions Moulinsart, à partir des archives du Musée Hergé à Louvain-la-Neuve en Belgique.

Les pages ont démontré son évolution depuis ses débuts jusqu’à sa fameuse ligne claire. En observant attentivement les cases des albums de Tintin, on pourra constater qu’ils comprennent un pur joyau graphique. Afin de mieux les accentuer, Pierre Sterckx a fait un agrandissement sur quelques cases, et surtout en ce qui concerne le Lotus bleu de 1936, qui est l’album estimé comme le premier chef-d’œuvre d’Hergé.

Aussi, on trouve des illustrations commentées de Tintin où l’on aperçoit des dessins de mode ou des reproductions d’affiches publicitaires qu’Hergé a imaginés dans les années 1930. Ils montrent le sens de l’épure du grand dessinateur belge. Ces 24 albums ont été le sujet d’analyse et de décortication, même que tous les principaux personnages des aventures de Tintin sont représentés avec des détails.

Hergé admirait quelques peintres

Pierre Sterckx déclare qu’Hergé n’a jamais voulu de couleurs alors que son éditeur le lui a toujours demandé, et qu’il a consenti à contrecœur. Mais il ne faut pas oublier que la première aventure de Tintin en 1942, publiée en couleur, est un chef-d’œuvre chromatique. En effet, le mariage des couleurs qui y était établi est tel de celui des grands peintres de la Renaissance depuis Giotto.

Hergé a démontré sa passion pour l’art moderne dans la dernière partie du livre. Pendant environ 20 ans, il a collaboré avec Pierre Sterckx dans l’évolution de son art. Ce dernier a confirmé qu’ Hans Holbein le Jeune, Ingres et Joan Miro étaient les sources d’inspiration d’Hergé.

Les faits y correspondant ont été démontré par le critique belge, notamment la toile de Miro (Intérieur hollandais I) dont une reproduction décorait les murs du bureau professionnel d’Hergé, ainsi que la case géante dans Tintin au Tibet où en se réveillant, il crie Tchang.

Hergé était un collectionneur et détenait des œuvres de Roy Lichtenstein, Andy Warhol, Jean Dubuffet, et Lucio Fontana.

Ce mois de novembre, l’œuvre d’Hergé fera encore parler de lui par le biais de la publication du Feuilleton Intégral. Ce dernier est une collaboration avec Casterman et les éditions Moulinsart. Le but est de faire une présentation des versions originales des Aventures de Tintin, de Quick et Flupke et de Jo et Zette. En somme, il y aura 12 volumes d’environ 500 pages. Aussi, le matériel graphique utilisé sur les couvertures, les illustrations annexes, et les bandeaux-titres seront encore sur les aventures en format original.

Chaque ouvrage comprendra des postfaces avec des documents inédits et signés par Jean-Marie Embs, Philippe Mellot et Benoît Peeters. Ils font partie des meilleurs spécialistes de l’œuvre d’Hergé.

Source : AbsolutGraphic.com, agence graphisme Lyon