La culture contemporaine est hostile au taxi

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En France, un conducteur de taxi fait souvent l’objet d’exclusion vis-à-vis du monde artistique.

Avant que l’UberPop et les taxis n’entrent en conflit, le milieu culturel français, penché sur les services VTC a déjà subtilement détruit leur image.

Jacques Revel arrive dans la gare de Bleston à l’aube, il fait froid et sombre… Il a prévenu un taxi pour l’emmener dans un lieu où dormir. Étant surement son dernier client nocturne, il me demandait où je vais. Mais la communication est difficile, je n’arrive pas à le comprendre ni à répondre, même pour remercier. Hochant la tête, il disparait dans la nuit noire. Moi, j’avançais tout droit dans le silence. Désagréable, ennuyeux, point empathique face au problème que peut ressentir un étranger dans une ville inconnue, le conducteur anglais, comme parisien d’ailleurs, n’est pas valorisé en littérature ni considéré par la lettre française.

Les taxis sont assenés au cinéma

Le seul faisant bonne figure est Oui-Oui. Mais son sourire et sa bonne humeur disparaissent progressivement en devenant adulte. Au cinéma, les taxis sont souvent pris en otage, confrontés à des soucis de performance et même complices dans des tueries ou des situations étranges. Le métier n’est pas mieux considéré dans les projections françaises.

Contrairement à Daniel, drôle et parfait dans des courses-poursuites agréables dans ‘Taxi’, certains sont antipathiques. Le genre de Jack, indécis, subissant les péripéties de son couple dans ‘Two Days in Paris’. Là le chauffeur ne se porte pas bien physiquement, de plus, il joue un personnage xénophobe, raciste et misogyne.

On voit encore une mauvaise image du taxi avec Mario, joué par Julie Delpy, qui nargue tous les Français en s’exclamant ‘Welcome to France’ avec imitant une salutation nazie associée d’une petite moustache hitlérienne réalisée avec 2 doigts.

Le taxi est onéreux comme le confirme la chanson de Vanessa Paradis, ‘Joe le Taxi’ qui, loin d’être abordable, a également son mot à dire sur la vitesse et la destination. Les Français passionnés de musique peuvent ressentir les émotions musicales de ‘Prince’, mais quand le conducteur est une femme, sensible à des avances sensuelles, des questions absurdes peuvent être posées, mais ne paient pas les trajets.

La sortie de la nouvelle chanson du groupe La Femme ne fait que mettre de l’huile sur le feu avec ses phrases : ‘…prends le bus, anti-Taxi, taxi trop dangereux’.