Irak et Syrie : Comment en finir avec le vol d’œuvres d’art ?

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Depuis 6 mois, l’ONU s’attaque vigoureusement à ce trafic croissant qui représente une source de financement pour les terroristes.

Un buste funèbre syrien est vendu en ligne par un musée de Genève. Mais comment ? Les autorités ont été averties de ce trafic et mènent une enquête sur son origine. Cela fait longtemps que le patrimoine archéologique en Irak et en Syrie est victime de vol et de destruction. Plusieurs organismes essayent de lutter contre ce trafic, toutefois cela semble être inefficace. Selon Édouard Planche, responsable de la lute anti trafic illicite auprès de l’Unesco, c’est impossible de déterminer l’ampleur de ce trafic, mais on estime à plusieurs dizaines de milliers le nombre d’objets concernés.

Des sources de financement

Les islamistes médiatisent leurs actes de destruction comme celle de février dans le musée de Mossoul. Selon France Desmarais de l’Icom, les objets non saccagés sont vendus au marché noir pour financer le terrorisme. Les islamistes vont parfois même jusqu’à octroyer des ‘permis de fouilles’ pour les trafiquants qui exploitent le sous-sol. Une fois les objets sur le marché occidental, leur prix décuple.

Qui sont les acheteurs ? France Desmarais affirme que les musées restent très vigilants sur l’origine des objets et d’autres n’hésitent pas à contacter les autorités en cas de doute.

Contre-attaque

Les principaux acquéreurs sont surtout les collectionneurs en quête d’objets rares. France Desmarais stipule que certaines régions de la Syrie autorisent le pillage de ces objets et prélèvent des taxes. Elle ajoute que ces objets vont être revendus aux musées dans quelques années, qui ne sauront plus à ce moment-là qu’il s’agit d’œuvres volées. Édouard Planche sonne alors l’alerte et insiste sur une contre-attaque pour éviter que ces objets n’arrivent un jour chez Christie’s ou chez Sotheby’s.

L’Unesco prévoit en ce moment de faire des recherches avancées sur l’origine des œuvres. De même qu’Icom fournit une ‘liste rouge d’urgence’ à Interpol afin d’indiquer les objets volés en Irak et en Syrie.

Crime de guerre

Selon le droit international, la destruction volontaire d’œuvres culturelles est considérée comme un crime de guerre. Aussi, l’achat d’objets volés dont on connaît l’origine est un recel. L’ONU, avec la résolution 2199 condamne le pillage et la destruction d’objets d’art provenant de la Syrie et d’Irak et incite les autorités à tout faire pour éradiquer ce trafic.